TARIFS Tarif plein : 4 €/ Passeport pour l’ensemble de la manifestation : 12 € Tarif réduit demandeurs d’emploi :
3,20 € (sur présentation d’un justificatif) Jeune public/- de 18 ans/étudiants : 3,80 € Le mardi à la séance de 12 h : 3,20 € Scolaires, centres de loisirs : 2,30 €
(groupes à partir de 8 personnes)
retours vers le futur est organisé par le cinéma apollo-maison de l’Image/Équinoxe-Scène Nationale et Centre Images-Agence Régionale du Centre pour le cinéma et l’audiovisuel ; réalisé grâce au soutien de la Ville de Châteauroux, du Conseil général de l’Indre, du Conseil Régional du Centre, de la DRAC Centre, en partenariat avec l’ADRC, l’École Municipale des Beaux-Arts, la Médiathèque Équinoxe, l’ONAC, l’Université et le CROUS d’Orléans-Tours ; avec le concours des Archives Françaises du Film-CNC, de l’Association Vivre Saint-Jean, de Cinésong, du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Musique, de Danse, d’Art Dramatique de Châteauroux, de l’association européenne Inedits, de l’Inspection Académique de l’Indre, de l’IUT de Châteauroux, de Passeurs d’Images.
Du 1 au 7 avril 2009 Châteauroux, une mémoire en mouvement au cinéma apollo
à la Médiathèque Equinoxe
à la salle Edith Piaf à la galerie de l’Ecole Municipale des Beaux-Arts Edito
Faire parler les archives
« L’archive est un “blanc”, plus ou moins innocent,
destiné à être un jour comblé par une conscience ». Daniel Armogathe (1)
Une fois passés l’émotion et le plaisir de la découverte d’images inédites ou oubliées, un long chemin reste à parcourir. Un trésor s’offre à nous, aussi évident qu’énigmatique:ces images ont en effet enregistré le réel tout en le décrivant partiellement. Les images d’archives, conservées précieusement, attendent un témoin ou un interprète qui s’emploiera à leur donner une voix.
Faire parler les archives:cette intention se révèle doublement nécessaire puisque nombre d’entre elles nous arrivent muettes. Et ces captations du réel, ces traces de la vie en mouvement, ne s’accommodent pas du silence. Le cinéma muet n’a-t-il pas toujours été sonore, accompagné de bonimenteurs, pianos, orchestres, phonographes, ou orgues à bruits?
Pour cette 3e édition, retours vers le futur, a donc choisi de confronter les archives à leurs voix multiples – commentaires en voix off ou en direct, bruitages, musique enregistrée ou jouée devant l’écran, discussions musicales – tout en rendant compte de la diversité de leurs interprètes : réalisateurs, musiciens, plasticiens, critiques, témoins, spécialistes… et ce, tout au long d’un parcours historique et thématique consacré à la musique et au son.
Au travers de programmes d’archives amateurs, de films faits d’archives mais aussi de films considérés aujourd’hui comme des documents, retours vers le futur, reviendra sur la chanson à l’écran (La Chanson filmée, Pochette surprise sur l’histoire du clip et Discorama, signé Glaser), sur quelques icônes du monde musical – Chet Baker, les Beatles, les Clash – (Let’s get Lost, Quatre garçons dans le vent, Joe Strummer : the Future is Unwritten) ; explorera les relations entre bande sonore et archives (Free Fall, Sous les drapeaux, Of Time and the City, le programme Ritournelles, le retour) et mènera une quête pour retrouver les voix du passé (programme À la recherche des voix perdues et le Ciné-mix/Discours filmés).
Pas de parcours, sans chemins de traverses : l’archive sonore sera au rendez-vous (Radio conférence De l’archive à la world music, exposition de la pièce sonore Le Poids des images se gagne avec l’âge), tandis que l’exposition Yves Bélorgey/Bernd et Hilla Becher, à la galerie de l’École Municipale des Beaux Arts, étendra le champ de notre manifestation aux arts visuels.
Par son caractère polyphonique, cette édition réveillera assurément, en chacun d’entre vous, la petite musique de vos souvenirs et de notre mémoire… (1) in Pour une didactique de l’archive filmique, Revue 1895 no 41 : Archives, 2003
18 h 30, cinéma apollo (Châteauroux) Le Caméra club de l’Indre - Hommage à Hector Gablin Séance commentée par Julie Guillaumot, chargée de collecte et de diffusion à Centre Images, en présence de Pierre Gablin, fils du cinéaste.
Agriculteur à Brion, Hector Gablin a acheté sa première caméra 8 mm au début des années 40. Là où ses premiers films expérimentent des jeux visuels ou des essais de narration, enregistrent parfois la vie quotidienne, l’achat d’une caméra 16 mm dans les années 50 lui permet d’entreprendre la réalisation de films de grande ampleur qui témoignent d’un grand perfectionnisme. Il surveille consciencieusement la lumière, monte et titre la plupart de ses images, qu’il signe souvent « C. Chapell » du nom de sa ferme « Les Grandes Chapelles ». En plus de ses débuts, cette séance permet de découvrir une œuvre d’amateur essentiellement documentaire, portant sur son exploitation agricole, ses loisirs et nombreux voyages ou encore ses engagements associatifs. La voiture à gazogène (1945) ; Exploitation d’un champ de betteraves (1945)… Durée : 1 h 15.
Entracte…
La Ville de Châteauroux offre un buffet pour fêter
la 3e édition de retours vers le futur…
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Ciné-concert « Jours de fête(s) » Du clavier à la platine, mis en musique et en sons par le duo M. & Mme Cooper.
Entre Denise de Déols et les sans-culottes d’Argenton-sur-Creuse, entre un cross pluvieux dans la forêt de Châteauroux et des acrobaties en Vespa sur la place Voltaire, de nombreux rassemblements ont rythmé les jours des villes et villages du Berry. Passage en revue des fêtes et des défilés, des moments de rire et de joie partagés et des grandes cérémonies orchestrées au carré. Défilé historique autour de Denise de Déols par Camille Blanchard (1933) ; Fête de la Saint-Vincent à Saint-Baudel par Maurice Bichat (vers 1950)… Durée : 1 h.
* Reprise du programme commenté par Julie Guillaumot
le vendredi 3 avril à 14h.
15 h, à la salle Édith Piaf
(Châteauroux) Ciné-concert
« Écarquillez les oreilles !» Par Francis Barrero, Arnaud Oreb et Christelle Uccelli, musiciens, et leurs élèves.
C'est d'abord l'histoire d'un veilleur de nuit qui s'assoupit et rêve de faire fortune au loto pour aller danser au bal parmi les nantis. Ce sont ensuite les pirouettes et acrobaties de danseurs sur glace, puis, un portrait bucolique de la vie en Brenne. C’est enfin la vie des écoliers en blouse vichy, en rang ou les bras croisés sur les pupitres en bois. Ces saynètes de la vie indrienne des années 30 à 60 ont été confiées à Arnaud Oreb, Christelle Uccelli et Francis Barrero, respectivement pianiste accompagnateur, professeur de harpe et professeur de saxophone au Conservatoire de Châteauroux. Leurs compositions enjouées et délicates révèlent l'ingéniosité de ces cinéastes amateurs en éveillant la curiosité des plus jeunes et les souvenirs des plus âgés. Pour tous, à partir de 6 ans.
Goûter offert par la Ville de Châteauroux à l’issue de la séance.
15 h, cinéma apollo (Châteauroux) La Fabrication des archives du présent
Restitution des pratiques d’ateliers Rencontres animées par Xavier Liébard, cinéaste.
Ouverte à tous, cette après-midi de rencontre propose un temps d'échange et de restitution des pratiques d'ateliers s'appuyant sur les images d'archives. Comment l'archive prend place dans une démarche d'atelier ? En est-elle l'objet ou un point de départ ? Comment un groupe d'apprentis cinéastes s'empare-t-il des images de leurs semblables d'un autre temps ? Intervenants, élèves, étudiants et apprentis viennent questionner leurs pratiques. Des adolescents du PRIJ de Déols ont travaillé à partir d'images de rassemblements collectifs, VJ Yroyto a initié un groupe d'étudiants de l'IUT au Ciné-mix avec des images de discours, des adolescents de TGC 3 Pour Tous rendent hommage à un ami mort en moto, des lycéens de Blois proposent une variation sur le mythe de Noël des années 30 à nos jours, et les apprentis monteurs de l'AFPA d'Issoudun ont eu le champ libre à partir d'un fonds confié à chacun d'un cinéaste amateur différent. Entrée libre. Durée : 2 h 30.
Jeudi 2 avril
10 h à 18 h, cinéma apollo (Châteauroux) Attention, archives en chantiers !
Journée professionnelle Rencontre animée par Valérie Vignaux, maître de conférence en cinéma.
Retours vers le futur propose aux professionnels travaillant l'archive cinématographique de se rencontrer. Réalisateurs, producteurs, documentalistes, monteurs… sont conviés à mettre en débat leurs pratiques. Animée par Valérie Vignaux, cette journée présente plusieurs projets en cours d'écriture, de tournage ou de montage pour questionner les tenants et aboutissants narratifs, esthétiques et économiques liés à l'archive. Avec Né sous Z, Frédérique Pollet Rouyer questionne l’identité métissée des enfants nés de militaires en Indochine. Dans Les Hommes debout, Jérémy Gravayat interroge l'emploi de la main d'œuvre immigrée via une grève de l’usine métallurgique Penarroya à Lyon. Dans Rote Armee Fraktion, Jean-Gabriel Périot met en débat la question politique du terrorisme par un retour sur la bande à Baader… Renseignements et réservations auprès de Damien Monnier : 02 54 60 99 98.
18 h 30, cinéma apollo (Châteauroux)
À la recherche des voix perdues
Images cinématographiques de Béla Bartók
Péter Sülyi Hongrie, 1989, 22 minutes
Le 26 septembre 1942 Béla Bartók rend visite à son élève et ami violoniste Tibor Serly. Pendant que le premier joue au piano, le second le filme. Ses doigts courent sur le clavier, ses yeux les suivent, son buste appuie la cadence... Très expressives, ces images tournées entre amis sont muettes. Dans le clair-obscur d'une salle de projection, un piano à portée de mains, deux musiciens s'essaient à la recherche du passage joué par Bartók.
Intervista (quelques mots pour le dire…) Anri Sala
Albanie, 1998, 27 minutes
Un jeune cinéaste trouve une vieille bobine au fond d'un carton. Sur ces images de 1978, sa mère, responsable de l'Alliance des Jeunes Communistes en Albanie donne une interview. Mais la bande est muette et ses propos nous échappent. Le film est la quête de ses paroles et de
Durée du programme : 50 minutes.
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Ritournelles, le retour
Séance conçue et présentée par Miles McKane, co-fondateur de Light Cone..
L'histoire du cinéma compte son lot de déchets industriels dont s'emparent avec jubilation les cinéastes artisanaux. Produit et support d'une culture, d'une technique et d'un art industriel de reproduction d'images et de sons, ces différents lots de footage à l'abandon possèdent leurs propres qualités et codes esthétiques, parfois narratifs. Des années 30 aux années 90, les films de ce programme sont des travaux de réappropriation par leurs auteurs d'images et sons d'un autre âge d'or technologique
Si Martin Arnold, Matthias Müller et Joseph Cornell prélèvent leurs images dans les films classiques hollywoodiens, Henri Storck s'alimente dans les actualités de la décennie précédente et Peter Tcherkassky dans les films de famille autrichiens des années 60 et 70. Disjonction de l'image et du son, absence de l'un ou l'autre, répétition, sens et vitesse de défilement, ces films prennent la forme de caustiques ritournelles. Tantôt critiques, tantôt esthétiques, ces films avivent le passé en le teintant d'une joyeuse irrévérence.
L'Histoire du soldat inconnu
Henri Storck, Belgique, 1931, 10 min Rose Hobart
Joseph Cornell, États-Unis, 1936-39, 20 min Home Stories
Matthias Müller, Allemagne, 1991, 6 min
The Song of Rio Jim
Maurice Lemaître, France, 1978, 6 min Happy-end
Peter Tcherkassky, Autriche, 1996, 12 min Alone. Life Wastes Andy Hardy
Martin Arnold, Autriche, 1997-98 , 14 min
Entrée libre. Durée : 1 h 08.
22 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Ciné-mix/discours filmés
Par le VJ Yroyto et des étudiants de l’IUT de l’Indre, suivi d’un set d’Yroyto : Eile.
VJ Yroyto a embarqué, cette année, un nouveau groupe d’étudiants de l’IUT de l’Indre à la découverte du Ciné-mix. Ils puisent cette fois dans un fonds d’images d’archives amateurs des environs tournées lors de la tenue de différents discours. Regards graves et gestes de la main appuyant la parole du rhéteur, applaudissements et mines dubitatives de l'auditoire sont fragmentés, remontés, répétés en direct. Le sample de ces images est accompagné en direct d'un mix sonore bruitiste et expérimental. Tandis qu'à la tribune certains tirent sur leurs cordes vocales, les étudiants font vibrer les leurs, de la parole au cri en passant par le chant. Et basse, guitare et violons finiront d'accorder ces discours politiques et familiaux pour exprimer leur vision du discours et de ceux qui les tiennent ! Entrée libre. Durée : 1 h.
Vendredi 3 avril
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Quatre garçons dans le vent /
A Hard Day’s Night Richard Lester, Grande-Bretagne, 1964, 1 h 27, version originale sous-titrée
« Rock et cinéma » : François Ribac, bassiste et sociologue du rock, animera une causerie, à l’appui d’extraits visuels et sonores.
Quatre garçons dans le vent nous livre quarante-huit heures de la vie du groupe le plus célèbre au monde, alors à son apogée : une comédie échevelée à l’humour très britannique, sur laquelle plane une folie douce irrévérencieuse.
A Hard Day's Night est un moment important dans l’histoire conjointe du rock anglais et du cinéma. C'est le premier film tourné pour et par les Beatles. Comme il était difficile de faire jouer à un groupe de rock des personnages de fiction dans un film classique, le réalisateur Richard Lester fit de la « cellule » Beatles et de ses rapports avec le monde le sujet même de son film.
François Ribac
Autre séance : lundi 06/04 à 14 h.
18 h 30, cinéma apollo (Châteauroux) Radio conférence - De l’archive à la world music
Conférence et séance d’écoute à base d’archives radiophoniques par Anaïs Kien, productrice à France Culture.
Dans les années 1950, Pierre Schaeffer ouvre la porte aux musiques africaines dans la playlist des radios coloniales, mais cette entreprise décline au profit d’une logique de patrimonialisation incarnée par le label Ocora. En 1977, Louis Dandrel, à la tête de France Musique, ébranle à nouveau les cloisons musicales. Parenthèse enchantée jugée bien trop audacieuse pour de nombreux auditeurs, l’expérience fait cependant long feu et les radios pirates qui fleurissent à la fin des années 1970 reprennent le flambeau du dépassement des frontières mélodiques. En 1981, la Gauche signe la fin du monopole d’État sur les ondes radiophoniques. Parmi les antennes qui relèvent le pari des musiques du monde, Radio Nova se distingue avec sa « sono mondiale » et rompt avec les hiérarchies culturelles.
Anaïs Kien
Entrée libre.
Durée du programme : 1 h 15.
Samedi 4 avril
9 h 30 à 12 h 30, cinéma apollo (Châteauroux) Atelier bruitage
Encadré par Marie Denizot, harpiste et créatrice d’environnements sonores.
Réaliste, burlesque, fantastique ou mystérieux, le bruitage d'un film en peaufine ou en détermine le ton, l'atmosphère, le sens… Composée de voix, d’ambiances, de sons enregistrés pendant le tournage, la bande sonore est complétée par de la musique et des bruits lors du montage. Pour rendre plus réels certains gestes ou souligner leur importance, un bruiteur y ajoute différents sons, en reproduisant par exemple le son des pas sur la neige ou le grincement d’un appareil métallique. À partir d'images de fêtes foraines, de gares et de kermesses castelroussines, cet atelier est ouvert à tous, musiciens ou non, cinéphiles ou pas…
Prise de sons directe dans les rues de la ville, reconstitution de bruits à partir d'objets et de matières, compositions de courts rythmes musicaux… diverses étapes et procédés seront abordés avant une session de bruitage collective, puis une restitution apéritif! Entrée libre. Inscrivez-vous ! au 02 54 60 18 34 (au plus tard le jeudi 2 avril).
Attention, places limitées ! 15 personnes, pour adultes et enfants accompagnés.
15 h, cinéma apollo (Châteauroux) Discorama, signé Glaser Esther Hoffenberg,
France, 2007, 1 h 07
Quand le dimanche sortait du poste de télévision l'air de J'ai du bon tabac dans ma tabatière, l'heure était venue de Discorama. Et tout le monde d'attendre avec impatience les nouveaux jeunes talents de la semaine que Denise Glaser allait dénicher dans les cabarets de la rive gauche. Son oreille et son goût certains lui firent ouvrir les portes de son émission à des chanteurs encore inconnus:Georges Moustaki, Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Barbara… Mais Discorama n'était pas seulement une émission où les chanteurs venaient interpréter leur art, c'était un temps d'échange et de partage marqué du ton et du style de Glaser. Sa passion pour la musique, son admiration pour leurs interprètes lui instillaient un respect timide qui marque profondément ses interventions et la réalisation de l'émission, au plus près et plus juste du rythme de ces corps chantants. Avec Discorama, signé Glaser, Esther Hoffenberg propose un retour sur cette émission hors normes du temps de l'ORTF.
15 h, médiathèque Équinoxe
(Châteauroux) Free Fall Péter Forgács, Hongrie, 1996, 1 h 15
Séance présentée par Alain Esmery, Président de l’association européenne Inedits, dont Péter Forgács fut membre fondateur.
Free Fall est le 10e film d’une série initiée en 1988 intitulée Hongrie Privée. Réalisée uniquement à partir d’images d’archives amateurs, elle vise à interroger depuis l’intimité de la famille les liens entre Histoire et mémoire. Pour Free Fall, le matériel de départ est constitué des pellicules 8 mm de György Petö, musicien, photographe et homme d’affaires juif qui a filmé sa famille dans les années 30 jusqu’aux derniers temps précédant leur déportation. Le remploi qu’en fait Péter Forgács nous propose d’approcher leur détermination face aux lois antisémites, leurs illusions et leurs doutes qui s’inscrivent en creux des moments de cette vie familiale. Une vie familiale ordinaire que l’on sait condamnée à l’extinction par la déportation et le massacre. La composition musicale de Tibor Szemzö, légère et empreinte de nostalgie, s’entremêle à des déclarations gouvernementales lues par des acteurs. Entrée libre.
17 h, cinéma apollo (Châteauroux) La Chanson filmée et le cinéma amateur Séance conçue et présentée par Julie Guillaumot, Centre Images, à partir de films issus des cinémathèques de l’association européenne Inedits.
Dès 1932 les cinéastes amateurs inaugurent une pratique qui se développe à la fin des années 30 et va devenir très en vogue dans les concours et les clubs de cinéma d’amateur d’après-guerre : la chanson filmée. Une chanson… c’est un scénario tout trouvé, le moyen de réaliser un film sonore et de tourner à l’économie puisqu’une chanson dure rarement plus de quelques minutes ! Ce nouveau genre devient un espace de liberté, de revendication ou de satire politique, d’essais créatifs sur la forme, ou encore d’allusions coquines pour certains cinéastes amateurs (en majorité des hommes). Des années 30 aux années 80, ce programme retrace l’histoire de la chanson populaire : Charles Trenet, les Frères Jacques, Yves Montand, sont redécouverts avec plaisir dans ces représentations inattendues. Les enfants qui s'aiment (1950) par Robert Legrand ; La Queue du chat (1949) par Jacques Griffon… Entrée libre
Durée du programme : 1 h 15.
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Pochette surprise sur l’histoire du clip Séance accompagnée par un historien spécialiste du clip.
Le clip que nous connaissons aujourd’hui est le fruit d’une longue histoire et de multiples expériences. Les premiers Phonoscènes Gaumont sont tournés dès 1902. Emile Vuillermoz, dans ses Cinéphonies, « fiance la musique pure au cinéma » à partir de 1935 en mettant en images des œuvres de Fauré ou Debussy. L’Amérique en guerre voit débouler les Soundies, des films musicaux de 3 minutes en noir et blanc à découvrir dans les Panorams, premiers véritables juke-boxes à films. Puis, une société française imagine en 1960 nos fameux Scopitones des Yé-Yés qui ont inondé de musiques et de couleurs les cafés des sixties. Glissez votre pièce dans la fente et venez découvrir une programmation non exhaustive qui fera voisiner anciens et modernes, un panorama à ne pas prendre à la lettre, de J comme Johnny à J comme Justice… Durée du programme : 1 h 30.
15 h , cinéma apollo (Châteauroux) Ciné-concert et discussion musicale - L’Assassinat du Duc de Guise André Calmettes et Charles Le Bargy, France, 1908, 18 minutes
Par Francis Barrero et Clément Tériltzian, musiciens, et leurs élèves.
En présence de Christophe Brugère, professeur d’analyse et d’écriture musicale.
Ce 23 décembre 1588 est un jour où Henri III réunit son conseil. Dans ses rangs le Duc de Guise, qui en pleine période de guerres de religion complote avec le roi d'Espagne. Au petit matin, la Marquise de Noirmoutiers reçoit un billet anonyme lui conseillant de garder auprès d'elle son mari le Duc de Guise. Tandis qu'elle s'y essaie, Henri III commandite l'assassinat auprès de ses quarante-cinq gardes sanguinaires…
Avec l’Opus 128 pour instruments à cordes, quelques vents, un piano et un harmonium, Camille Saint-Saëns compose la première musique de film. Et c'est à cette première partition cinématographique que le film doit sa célébrité. L'Opus 128 aujourd'hui par Francis Barrero et Clément Tériltzian
Proposé dans le cadre du centenaire de la musique de film, ce ciné-concert, interprété par des élèves et enseignants du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Musique, de Danse et d’Art dramatique de Châteauroux, est joué deux fois. La partition historique de Camille Saint-Saëns est d'abord harmonisée, arrangée et dirigée par Francis Barrero, concertiste et professeur de saxophone. Substituant des cuivres aux instruments à cordes, un synthétiseur à l'harmonium et ajoutant un marimba à l'orchestration, la proposition de Francis Barrero consiste à renforcer l'intrigue du film par une composition musicale aux qualités sonores actuelles. Ensuite, Clément Tériltzian, concertiste et professeur de flûte, en propose une interprétation plus contemporaine à base notamment de cellules rythmiques. Christophe Brugère, professeur d’analyse et d’écriture, se joindra à Francis Barrero et Clément Tériltzian pour une discussion musicale et historique autour de Camille Saint-Saëns et du travail de composition musicale pour le cinéma. Durée du programme : 1 h 15.
17 h, cinéma apollo (Châteauroux)
Les Écoliers de Meslay-le-Vidame Georges Lévy, France, 1938, 8 minutes 30
Georges Lévy, maire de Meslay-le-Vidame, commande un film sur sa commune, en 1938, où est décrite la journée de classe depuis l’arrivée jusqu'à ce que la cloche sonne. Disciplinés et sages comme des images, les élèves apprennent les fleuves, les villes et les départements, car, nous signale un de ces intertitres dévoilant certaines visées éducatives de cette fin des années 30, « il faut bien connaître la France pour l'aimer mieux ».
Sous les drapeaux Henry Colomer, France, 2008, 45 minutes
Séance en présence du réalisateur
Par le biais des étoffes, Sous les drapeaux retrace l'histoire européenne de la fin du XIXe siècle au milieu des années 30. Drapeaux, étoles et chasubles, uniformes, costumes, froufrous, métiers à tisser, machines à coudre, langes, draps, pansements, linceuls. À partir d'images d'archives, et sur une musique composée par Jacopo Baboni Schilingi pour orchestre, quatuor à cordes amplifiées et électronique, Henry Colomer s'attache à ces tissus qui accompagnent la vie des hommes de la naissance à la mort, pendant l'immense tragédie collective née de l'exacerbation des nationalismes, et jusqu'à la montée des régimes totalitaires qui a suivi.
19 h 30, cinéma apollo (Châteauroux) Joe Strummer : the Future is Unwritten Julien Temple, Grande-Bretagne, 2007, 2 h 03, version originale sous-titrée
Fuck ! No Future ! Anarchy !… C'est la fin des années 70 et le gang des Clash donne au rock sa rage et son esthétique punk. London's Burning fait s'agiter la jeunesse qui arbore crêtes savonnées au gasoil et iroquoises aux couleurs électriques. Joe Strummer est à la tête de cette bande d'énervés et Julien Temple habite un temps le même squat qu'eux. Il mêle alors ses propres images Super 8 de l'époque à celles familiales de Joe Strummer, celles en 16 mm de sessions d'enregistrement de concert à des temps de discussion avec le leader tentant de redevenir un quidam après le clash des Clash. Joe Strummer : the Future is Unwritten retrace ainsi la grandeur et la décadence de ce groupe phare en dressant le portrait de son chanteur à la voix toujours rauque. Revenu aux sirènes du mouvement hippie, Joe Strummer finit par faire l'éloge du feu de camp comme moment de révolte et d'être ensemble. Fort de ce concept, le réalisateur convoque autour du feu sur une plage de la côte pacifique, amis, collaborateurs et célébrités parmi lesquelles Bono, Martin Scorcese et Johnny Depp, encore costumé en Capitaine Sparrow !
Lundi 6 avril
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Of Time and the City Terence Davies, Grande-Bretagne, 2008, 1 h 14, version originale sous-titrée
Séance présentée par Grégory Valens, de la revue Positif.
Balade cinématographique au travers du Liverpool d’après-guerre, Of Time and the City est autant l’expression d’un hommage que d’un deuil. Un hommage à cette ville qui a vu et fait grandir Terence Davies. Un deuil du Liverpool de son enfance et de son adolescence disparu avec l’avènement des Beatles, le début de la décolonisation, son passage à l’âge adulte… Ce Liverpool-là, il en recherche les couleurs délavées, le gris et la suie industrielle dans ces images d’archives qu’il assemble par association d’idées. Cet hymne à un univers quasi-défunt est porté par la voix off du réalisateur dont les commentaires sont enrichis de James Joyce, T.S. Elliot, Alexandre Tchekhov sur une bande son conjuguant les époques : des Hollies aux Spinners, de Gustav Mahler à Johannes Brahms. Autres séances : mardi 07/04 à 12 h et à 18 h 30.
* soirée de cloture*
Mardi 7 avril
20 h 45, cinéma apollo (Châteauroux) Discussion musicale suivie de Let’s Get Lost Bruce Weber, États-Unis, 1988, 2 h, version originale sous-titrée
Avant le film, Le Trio Invite : Karim Gherbi, contrebasse, Abdelessem Gherbi, batterie et Laurent Marode, piano… invitent Ronald Baker, trompettiste, et évoquent Chet Baker en paroles et en musique.
Avec Let’s Get Lost, Bruce Weber s’essaie au portrait de son ami Chet Baker, trompettiste blanc de la côte californienne. Une balade sur la plage entouré de deux jolies filles, des séances d’enregistrement, une virée en décapotable les cheveux au vent, Almost Blue en concert à Cannes en 1987, une soirée dans un bar, des cigarettes qui se consument…
Au fur et à mesure de ces scènes, des extraits de films dans lesquels il a joué, des archives de récitals télévisuels et des discussions avec lui, ses femmes, ses enfants ou sa mère, Chet Baker se dérobe et le portrait se transforme en esquisse. En persiste l’image d’un visage et d’un être connu au regard lointain tandis que se dessine davantage une manière d’être au monde et d’en décoller : Let’s Get Lost nous suggère le jazzman ! Durée du programme : 2 h 30.
Expositions
Du 20 février au 4 avril /
Galerie de l’Ecole municipale des Beaux-Arts
Exposition Yves Bélorgey/Bernd et Hilla Becher
L’École Municipale des Beaux-Arts présente une exposition de Yves Bélorgey et Bernd et Hilla Becher pour élargir la question du document à des médiums autres que cinématographiques. La confrontation inédite de leurs œuvres – des dessins réalisés pour cette occasion et des photographies empruntées aux collections publiques françaises –, peut interroger en premier lieu la capacité de chaque médium à traiter de la réalité. Si, d’emblée, la photographie semble plus adaptée à la reproduction du réel, le travail de Bernd et Hilla Becher démontre avec insistance qu’un regard esthétique est nécessaire pour atteindre l’idée d’une objectivité. La perception de la réalité de l’architecture est relayée par le travail en acte d’Yves Bélorgey qui déploie les capacités d’un corps à objectiver le réel.
Entrée libre /
Ouvert du mardi au samedi,
de 14 h à 18 h (sauf jours fériés).
Du 1er au 7 avril / cinéma apollo
Le Poids des images se gagne avec l’âge Pièce sonore issue d’un travail d’atelier avec Gaël Comeau, plasticien et cinéaste.
Artiste en résidence aux Beaux-arts de Châteauroux, Gaël Comeau a proposé à des résidents de la maison de retraite de La Charmée de participer à la conception et la fabrication d'une pièce sonore. La première rencontre avec eux s'est faite autour de son film Le Buck dans lequel son grand-père accepte enfin de livrer, avec trous et lacunes, des souvenirs de sa rencontre avec sa femme Georgette, de ses parties de chasse et de pêche entre copains et de leurs voyages entre amis. Après avoir convenu avec les participants d'un événement historique commun ayant marqué leur mémoire, les souvenirs personnels de chacun ont été avivés par le visionnage et l'écoute d'images et de sons d’archives locaux relatifs à cet événement. Chansons, atmosphères sonores, bruits caractéristiques, récits et anecdotes, témoignages ont été enregistrés et agencés de telle sorte que leur puissance d'évocation visuelle structure cette mise en son des mémoires.
En écoute libre à tout moment dans la salle de rencontres.
Du 1er au 7 avril/ cinéma apollo
Le Petit attirail du cinéaste amateur
Exposition conçue et réalisée par Emmanuelle Marcelot, cinéma apollo, et Olivier Fourel, Centre Images, documentalistes.
Cette exposition retrace l'histoire de l'appareillage amateur des années 20 aux années 70. Ces objets, caméras, monteuses, titreuses, projecteurs… témoignent de l'évolution des techniques et des formats, de leurs usages et leurs esthétiques. Accompagnés d'une notice explicative illustrée, les appareils sont présentés par type de format (9,5mm, 8mm, super 8).
Pour les scolaires, les visites sont rythmées par des manipulations de pellicule, de visionneuses et de colleuses. La visite de cette exposition complète les programmes :
Découverte de l’école entre 1938 et 1964;
Cinéastes amateurs à travers la Brenne… ;
Visages du cirque des années 30 aux années 80.
Pour les collégiens et lycéens, Sous les drapeaux est proposé lors de séances scolaires.
Renseignements et réservations auprès de Damien Monnier ou Miryam Gaston : 02 54 60 99 98