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FICTIONS IDENTITAIRES / 4, 5 et 6 février 2011 - Tours
Samedi 5 février 2011 - 14h00
Le Monde sur le fil

Allemagne / 1973 / 204 minutes / couleurs
Réalisation R.W. Fassbinder / Scénario R.W. Fassbinder, Fritz Müller-Scherz / Image Michael Ballhaus / Montage Marie-Anne Gerhardt, Ursula Elles / Production Westdeutsher Rundfunk / Distribution Carlotta Films / Interprétation Klaus Löwitsch, Masha Rabben, Karl-Heinz Vosgerau, Adrian Hoven, Barbara Valentin, Ivan Desny, Ulli Lommel, Kurt Raab

Simulacron 1 constitue le plus important projet de l’institut de recherche en cybernétique et futurologie. Ce monstre électronique doit permettre à la technologie informatique traditionnelle d’effectuer un bond en avant. Une fois totalement fonctionnel, Simulacron sera en mesure de prédire avec exactitude les évènements économiques, politiques et sociaux à venir, comme s’ils étaient déjà en train de se produire ici et maintenant, comme s’ils faisaient déjà partie de la réalité. Le professeur Vollmer a lancé et dirigé ce projet de recherche. Il meurt soudain dans des circonstances pour le moins mystérieuses. Son successeur, le docteur Stiller, subit également une étrange métamorphose.

C’est une très belle histoire, qui s’appelle Le Monde sur le fil et qui parle d’un monde dans lequel on peut réaliser des projection d’individus grâce à des ordinateurs. Toute la question est alors de savoir dans quelle mesure on n’est soi-même qu’une projection, car dans ce modèle de pensée, les projections ne se distinguent pas de la réalité ; peut-être qu’un autre monde, plus vaste, a fait de nous son modèle de pensée, il s’agit d’un vieux modèle philosophique, qui produit ici une horreur particulière.

R.W. Fassbinder, extrait de l’entretien avec Braad Thomsen, 1973

Samedi 5 février 2011 - 17h30
Les univers virtuels [CONFERENCES | durée : 2 heures ]

En ce début de 21e siècle, alors que la philosophie du Web 2.0 s’est largement imposée parmi les internautes, le concept de « réalité virtuelle », que Neal Stephenson avait renommé « métavers » dans un roman cyberpunk intitulé Le samouraï virtuel (1992), a gagné en « présence », en pouvoir d’incarnation et a acquis une grande force d’imprégnation culturelle. À l’image de Second Life ou du célèbre World of Wardcraft (jeu de rôle en ligne) que nous aborderons, les mondes virtuels ont engendré de nouvelles formes de sociabilité et suscité de nombreux mouvements de « paniques morales » (S. Cohen). Ce phénomène de défiance sociale est porté par des discours qui se donnent bien souvent comme des formes vulgarisées de la réflexion menée par Jean Baudrillard dès les années 80 autour des « Simulacres et de la simulation » et dans laquelle, dévoilant « l’agonie du réel », il annonçait l’avènement d’une époque où le virtuel deviendrait « plus réel que le réel ».

Au cours de la conférence, nous reviendrons sur les projets cinématographiques qui font des mondes virtuels la « matière » même de leur invention esthétique et dramaturgique. Certaines de ces œuvres sont composées par des cinéastes démiurges qui conçoivent leur univers virtuel comme des Territoires d’Utopies entraînant l’espace fictionnel vers des Ailleurs, des terres lointaines et inconnues. D’autres films, réalisés par des metteurs en scène influencés par les théories du complot ou les visions de fin de monde, préfèrent convoquer les mondes virtuels pour interroger la condition de l’homme ordinaire des sociétés technologisées, les « techniques de gouvernement » (M. Foucault) qui les organisent, ainsi que les diverses formes du contrôle social.


Samedi 5 février 2011 - 21h00
Fight Club

Etats-Unis / 1999 / 135 minutes / couleurs
Réalisation David Fincher / Scénario Jim Uhls / Image Jeff Cronenweth / Son Jeff Wexler / Montage James Haygood / Production Fox 2000 Pictures / Distribution Twentieth Century Fox / Interprétation Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter, Jared Leto

Jack est doué de mobilité : il a une carrière, voyage et prend part — quoique de manière distanciée — à la société de consommation. Spectateur de sa propre vie, il mène paradoxalement une existence inerte au sein d’une société réticulaire hypermobile. Il souffre également d’insomnie et se met à fréquenter des groupes de thérapie réservés aux personnes atteintes de maladie graves et s’apaise en partageant leur douleur. Il y rencontre la « femme fatale » Marla avant de faire la rencontre déterminante de Tyler, son double messianique haut en couleur. Ensemble ils créent le Fight Club, groupe aux allures de société secrète réservée aux hommes.

Le domaine hors de l’échange que cherche Fight Club n’existe pas dans la société de réseau où la dialectique entre société et nature, moderne et primitif, raison et pulsion, public et privé n’est plus. L’espace lisse créé par le film est similaire à l’espace virtuel, à la fois diffus et unifié, de la société de réseau. En ce sens Fight Club est le symptôme, sinon la vérité, du monde réticulaire.

Bülent Diken, Carsten Bagge Laustsen, Enjoy your Fight, Tausend Augen n° 28, 2003

 





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