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CYCLE / ÉTAT DES LIEUX
 

Jeudi 25 mars - Thélème - 18h15 et 21h00

Démesure

 


Etats-Unis / 1940 /
95 minutes / Noir et blanc
SCENARIO Robert E. Sherwood, Joan Harrison / IMAGE George Barnes / SON Jack Noyes / MONTAGE Hal C. Kern, James E. Newcome / INTERPRETATION Joan Fontaine, Laurence Olivier, Judith Anderson, George Sanders / PRODUCTION Selznick International Pictures / DISTRIBUTION Tamasa Distribution


* 18h15
Rebecca
Alfred Hitchcock

Mr de Winter, veuf richissime courtise lors d'un voyage une jeune dame de compagnie. Il l’épouse précipitamment et l’emmène dans sa majestueuse demeure de Manderlay. Au fil des jours, la nouvelle maîtresse de maison ressent autour d'elle l'omniprésence de Rebecca, la première femme de son mari.

Rebecca peut être perçu comme un conte désenchanté où l'idylle d’une jeune femme innocente est vouée à l'échec par la présence mystique et les souvenirs envahissants de celle qu’elle a remplacée.
L'héroïne se retrouve donc « écrasée » par le poids de son nouveau statut, des mœurs qui en découlent, mais aussi par l'immensité de Manderlay dont chaque pièce est imprégnée du souvenir de Rebecca. Elle se retrouve alors dans une angoisse et un mal-être permanent qui l'empêchent de se faire une place dans cette nouvelle vie.
En véritable maître du suspense, Hitchcock n'hésite pas à intensifier le doute sur l’origine de l’angoisse qui règne sur cette demeure : est-elle d'ordre fantastique, le fruit de l'imagination du personnage principal, ou est-elle mise en scène par l'inquiétante Mrs Danvers ? Jeux d’ombres sur les murs, sacralisation de la chambre de la morte témoignent de cette ambiguïté. La personnalité trouble de la gouvernante, hostile envers la nouvelle Mrs de Winter, est très proche des figures maternelles autoritaires que l'on trouve dans les films d'Hitchcock : un personnage envahissant qui tente d'imposer et de perpétuer le souvenir de sa bien aimée Rebecca.

Camille Favreau



Etats-Unis / 1956 /
81 minutes / Noir et blanc
SCENARIO Richard Matheson / IMAGE Ellis W. Carter / SON Leslie I. Carey, Robert Pritchard / MONTAGE Albrecht Joseph / INTERPRETATION Grant Williams, Randy Stuart, April Kent / PRODUCTION Universal Pictures / DISTRIBUTION Les Films du Paradoxe

La séance sera suivie d’une rencontre avec Marcos Uzal, critique de cinéma.


* 21h00
L’Homme qui rétrécit
Jack Arnold

A la suite d'un accident radioactif, Scott Carey voit avec effarement son corps rétrécir jusqu’à ne plus faire que quelques centimètres. Même les médecins les plus éminents ne réussissent pas à rétablir son état normal. Il tente alors de survivre dans ce nouvel espace hostile.

Cette aventure fantastique, adaptée du roman de Richard Matheson, entraîne le spectateur dans un voyage extraordinaire malgré l’environnement « familier » de l’histoire, la science- fiction côtoyant la routine surprend d'autant plus le spectateur. La banalité des évènements qui ont lieu perturbe Carey qui n’a plus aucune prise dessus. Que faire lorsqu’un chat vous attaque ou qu’un escalier sans fin se dresse devant vous ? Le gigantisme qui l’oppresse l’empêche alors de rester calme et de garder une identité stable. Les plans successifs de plongées et contre-plongées accentuent les disproportions entre les objets et le héros. Le malaise grandit au fur et à mesure que Carey rétrécit. De plus, inclure la menace nucléaire dans le contexte de guerre froide qui régnait à la sortie du film permet de jouer avec l’angoisse du public.
L’esthétique, la peur et la réflexion qu’apporte le film sont autant de caractéristiques qui font de lui une réussite. La question qui est posée sur le rapport que l’homme entretient avec le monde est prédominante : l'être humain apparaît dérisoire face à l'immensité de l'univers, Carey en fait les frais !

Bastien Gatellier

 



 

 
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