
Etats-Unis / 1940 /
95 minutes / Noir et blanc
SCENARIO Robert E. Sherwood, Joan Harrison / IMAGE George Barnes / SON Jack Noyes / MONTAGE Hal C. Kern, James E. Newcome / INTERPRETATION Joan Fontaine, Laurence Olivier, Judith Anderson, George Sanders / PRODUCTION Selznick International Pictures / DISTRIBUTION Tamasa Distribution
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* 18h15
Rebecca
Alfred Hitchcock
Mr de Winter, veuf richissime courtise lors d'un voyage une jeune dame de compagnie. Il l’épouse précipitamment et l’emmène dans sa majestueuse demeure de Manderlay. Au fil des jours, la nouvelle maîtresse de maison ressent autour d'elle l'omniprésence de Rebecca, la première femme de son mari.
Rebecca peut être perçu comme un conte désenchanté où l'idylle d’une jeune femme innocente est vouée à l'échec par la présence mystique et les souvenirs envahissants de celle qu’elle a remplacée.
L'héroïne se retrouve donc « écrasée » par le poids de son nouveau statut, des mœurs qui en découlent, mais aussi par l'immensité de Manderlay dont chaque pièce est imprégnée du souvenir de Rebecca. Elle se retrouve alors dans une angoisse et un mal-être permanent qui l'empêchent de se faire une place dans cette nouvelle vie.
En véritable maître du suspense, Hitchcock n'hésite pas à intensifier le doute sur l’origine de l’angoisse qui règne sur cette demeure : est-elle d'ordre fantastique, le fruit de l'imagination du personnage principal, ou est-elle mise en scène par l'inquiétante Mrs Danvers ? Jeux d’ombres sur les murs, sacralisation de la chambre de la morte témoignent de cette ambiguïté. La personnalité trouble de la gouvernante, hostile envers la nouvelle Mrs de Winter, est très proche des figures maternelles autoritaires que l'on trouve dans les films d'Hitchcock : un personnage envahissant qui tente d'imposer et de perpétuer le souvenir de sa bien aimée Rebecca.
Camille Favreau
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