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CYCLE / ÉTAT DES LIEUX
 

Mercredi 17 mars - Thélème -18h15 et 21h00

La ville-monstre

 



Interior design
Michel Gondry
SCENARIO Gabrielle Bell, Michel Gondry / IMAGE Masami Inomoto / SON Takeshi Ogawa / MONTAGE Jeff Buchanan / INTERPRETATION Ayako Fujitani, Ryo Kase, Ayumi Ito

Merde
Léos Carax
SCENARIO Leos Carax / IMAGE Caroline Champetier / MONTAGE Nelly Quettier / INTERPRETATION Denis Lavant, Jean-François Balmer, Renji Ishibashi, Azusa Takehana, KaoRi, Julie Dreyfus

Shaking Tokyo
Bong Joon-ho
SCENARIO Bong Joon-ho / IMAGE Jun Fukumoto / SON Hironori Ito / MONTAGE / INTERPRETATION Teruyuki Kagawa, Yu Aoi, Naoto Takenaka

 


* 18h15
Tokyo !
Michel Gondry - Léos Carax - Bong Joon-ho
Film à sketchs
Japon / 2008 / 110 minutes / Couleurs
PRODUCTION Comme des cinémas, Backup Films / DISTRIBUTION Haut et Court Distribution

Tokyo aujourd’hui. Un jeune couple part à la recherche d’un appartement. Une créature humaine vivant dans les égouts sème la terreur dans les rues. Un homme, coupé de tout contact humain voit son existence basculer suite à un tremblement de terre.


« Tokyo est une cité dotée d’une atmosphère propre, d’un espace singulier. Montrer par le cinéma ce “quelque chose“ que possède la ville est excitant en soi. Quelles sont donc les images que l’on peut évoquer de cette ville, si familière et étrangère à la fois ? ». Bong Joon-ho nous présente le sujet et l’enjeu du triptyque Tokyo !, dont il partage la réalisation avec Michel Gondry et Léos Carax.
Si chaque cinéaste nous livre sa propre vision de Tokyo, la solitude apparaît comme un trait constant du film. Chacun s’attache à dévoiler le caractère impersonnel d’une ville mystérieuse et gigantesque qui plonge les protagonistes dans un isolement, volontaire ou non. La ville est un acteur fort dans leur vie. Pour Gondry et Bong, elle symbolise le questionnement de soi ou encore l’inconnu : les deux réalisateurs jouent sur le contraste de l’intérieur réduit, parfois sécurisant, et de l’extérieur immense et étouffant. Carax, quant à lui, fait de la ville un lieu terrorisant et terrorisé, à la merci d’un Denis Lavant transformé en curieux M. Merde déambulant avec rage dans Tokyo sous les yeux d’une foule affolée. Dans un milieu hostile à l’humain, la métamorphose et le retrait semblent nécessaires pour survivre.

Juliette Laroche



Italie / 1947 / 78 minutes /
Noir et blanc
SCENARIO Roberto Rossellini, Carlo Lizzani / IMAGE Robert Juillard / SON Kurt Doubrawsky / MONTAGE Eraldo Da Roma / INTERPRETATION Edmund Meschke, Ernst Pittschau, Ingetraud Hinze, Franz-Otto Krüger / PRODUCTION Tevere Film, Salvo d’Angelo Produzione, Sadfi, UGC / DISTRIBUTION Les Films sans Frontières

La séance sera suivie
d’une rencontre avec Rochelle Fack,
écrivain et critique de cinéma.


* 21h00
Allemagne année zéro
Roberto Rossellini


Dans les ruines du Berlin d’après-guerre, Edmund, un jeune garçon d’à peine treize ans, doit subvenir aux besoins de sa famille. Petits boulots, vol et combines douteuses constituent son quotidien. Différentes rencontres vont le pousser à faire des choix malheureux.

« Les idéologies délaissant la loi morale évoluent en folie criminelle. Même l’enfant est entraîné d’un crime atroce à un autre par lequel il croit avec candeur se libérer de la faute. » Ces quelques mots au début du film laissent présager la suite des évènements. Ni tout à fait enfant mais encore moins adulte, Edmund est forcé de survivre dans le chaos d’une ville dévastée par la guerre et le désespoir. Difficile de garder une part d’innocence dans ces circonstances. Lorsque la monstruosité urbaine et humaine vole toutes perspectives d’avenir, il paraît alors impossible de repartir à « zéro ». De toute manière, comment s’en sortir lorsque l’on est incompris et rejeté par tous dans un environnement aussi hostile ?
La mise en scène et le cadre réaliste utilisés pour le film plongent le spectateur dans la souffrance du garçon tout en l’immergeant dans cette ville en lambeau. Pourtant Rossellini, un des maîtres du néo-réalisme, avec la fin de sa « trilogie de la guerre » (Rome ville ouverte et Païsa) semble vouloir nous faire comprendre qu’il ne faut jamais laisser tomber et garder espoir jusqu’au bout. D’ailleurs, le réalisateur disait : « Pour ma part j’ai foi en l’homme. Et surtout j’ai confiance en son esprit. »

Bastien Gatellier

 


 

 
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