Cinéma et architecture, une telle association frôle le pléonasme. N’est-il pas question dans les deux cas de sculpture et de recomposition de l’espace ? Quelle autre portée donner à ces bases communes que celle d’inscrire et de comprendre l’homme dans une forme, une enveloppe, constitutives et révélatrices de ses conditions de vie ? Dans certains films, les poutres sont particulièrement apparentes et porteuses (de sens, d’émotions), les éléments du décor forment des corps à part entière aussi présents que ceux des personnages et deviennent comme eux les acteurs et les miroirs d’une société, d’une pensée ou d’un affect. Ce cinéma architecte se déploie alors contre, tout contre les parois tantôt brutes, tantôt mouvantes d’un terrain de jeu urbain, domestique ou mental. « Art de baliser pour les spectateurs des jeux de chicanes et de redans», illusion d’une profondeur labyrinthique comme l’écrivait Serge Daney au sujet du cinéma classique, la mise en scène dans son versant moderne peut être aussi l’art de buter contre des murs, des ruines, ultimes et infranchissables remparts à notre compréhension du monde. Tout dépend quelle porte on ouvre.
Amélie Dubois
Les étudiants programmateurs du cycle :
Pauline Bleron, Claire Dumont-Dayot, Camille Favreau,
Bastien Gatellier, Juliette Laroche, Romain Malavialle,
Victor Martin, Dorian Robine, Anne-Lise Salin, Katharina Tinkl.
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