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LYCEENS AU CINEMA / OUTILS PEDAGOGIQUES
     
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    FICHE ELEVE
    Cage et Mensonge


    Le début du film a présenté la relation amoureuse des adolescents en suggérant la répétition de leurs rendez-vous dans l'obscurité bienveillante d'un escalier. La deuxième séquence, bien différente, se déroule de jour et met en valeur la séparation. Tout est affaire de cage : l'absence d'Hervé fait de Rachel la prisonnière d'un lieu qui symbolise désormais la captivité.

    Le plan 1 est un plan d'ensemble en contre-
    plongée, seul plan d'extérieur du film. Manière classique de nous présenter un décor englobant en début de séquence. Nous avons sous les yeux une véritable tour dont le côté imposant renvoie au quotidien des cités mais aussi à l'idée d'une place forte dont il n'est pas si facile de sortir.

    Plan 1
    Le plan 2 invite à comprendre que nous sommes à l'intérieur de l'immeuble montré précédemment. Le gros plan sur des mains féminines qui essorent une serpillière traduit un spectaculaire changement d'échelle et conforte l'idée d'un emprisonnement. La tour, comme dans les contes de fées, abrite d'abord une servante sans visage.
    Plan 2
    Le plan 3 , autre gros plan, met cette fois en valeur des objets. Il confirme, dans sa brièveté et son réalisme, visuel et sonore, la rudesse des travaux domestiques auxquels est vouée cette Cendrillon des temps modernes.
    Plan 3
    Le plan 4 est révélateur : la captive est l'héroïne aperçue dans la première séquence. L'immeuble était le sien. La caméra dont le travelling suit la rampe accompagne ces découvertes et lie le personnage au décor. Une rupture sonore surgit comme par miracle avec l'appel que reçoit la jeune fille. L'activité ménagère cesse ; Rachel redevient l'amoureuse du début. Le plan se clôt sur un “ Où j'suis là ? ” qui, répétant une question d'Hervé, révèle sa gêne.
    Plan 4
    Le plan 5 , grâce à un recadrage qui fait définitivement oublier seau et serpillière, nous rapproche de Rachel. L'image est une première réponse à la question : c'est la princesse amoureuse et non la domestique qui veut répondre. Le mensonge confirme alors sa volonté d'échapper à ce lieu. C'est pourtant un son qui vient la rattraper : un bruit de porte renvoie à la réalité.
    Plan 5
    Le plan 6 confirme l'emprise du lieu. La voisine et la petite fille surgissent et piègent involontairement Rachel, renvoyée à son statut de fille de concierge. Mensonge et illusion ne suffisent pas.
    Plan 6

    Boîte à Etages

    C'est après six minutes et trente secondes de film que surgit le plan emblématique. Rachel, qui a quitté son entraînement de gymnastique rythmique avant la fin pour rejoindre Hervé, vient de se faire chasser de chez elle par sa sœur aînée qui reçoit son petit ami. L'héroïne erre alors entre le premier étage et le rez-de-chaussée, joue avec un ballon qui lui permet de mimer la maternité et tombe sur la voisine qui la remercie d'avoir pris soin de ses plantes vertes. Son téléphone portable sonne à ce moment.

    Frédéric Mermoud choisit alors une plongée spectaculaire qui va nous permettre, dans un même temps, d'apprendre qu'Hervé ne peut pas se rendre au rendez-vous et de visualiser les conséquences de cette annonce. Rachel, microscopique, est vue du haut de la cage. Elle évolue au centre de l'image, emprisonnée par un escalier dont la forme, proche de l'abstraction géométrique de certains génériques de Hitchcock, évoque l'infinitude de la spirale et le cloisonnement du triangle. La symbolique est ici très forte. Vertige et angoisse de la chute sont suggérés et accentués par l'effet d'écho. En outre, la dématérialisation du personnage est accomplie par le fondu-enchaîné qui lie le plan au suivant et débouche sur un cadrage identique mais vidé de toute humanité. Cette disparition n'est donc pas seulement la conséquence de la défection du jeune homme, bien que cette dernière annonce la fin du film, mais un indice de l'emprise du décor sur la fiction et les personnages. Nous sommes alors très près du cinéma fantastique ; une entité (l'escalier lui-même ?) ne semble-t-elle pas surveiller tout ce qui se passe en ce lieu et anéantir toute tentative d'évasion ? On rapprochera cette thématique du motif de l'emboîtement, déjà amorcé par le jeu avec le ballon, avant de chercher dans la suite du film le contrechamp de ce plan. Il surgira symétriquement à la 14e minute quand la séquence de l'éviction de Rachel par Jess sera suivie d'une contre-plongée qui achèvera d'enfermer l'héroïne.

    L'escalier de l'immeuble de Rachel est le lieu où elle retrouve Hervé. Les adolescents s'y embrassent et discutent cachés entre les étages. Un soir, le jeune homme propose une escapade d'un week-end à Honfleu


        



        


         
       
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     Université de Tours
     Université d'Orléans