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LYCEENS AU CINEMA / OUTILS PEDAGOGIQUES
     
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    TEXTE TRANSVERSALE
    Ciné-quiz


    Calypso is like so accumule les citations filmiques, récréant quelques plans et situations célèbres dont l’histoire du cinéma sait encore aujourd’hui se souvenir. Si le générique de fin rend hommage aux grands réalisateurs dont les œuvres sont citées, simplement en précisant leur nom, le court métrage ne donne pas le détail des citations. Il convient pourtant d’identifier pleinement les scènes pastichées mais aussi les références et les clins d’œil cinématographiques pour comprendre le rapport particulier qu’entretient Calypso à la citation filmique.

    Les palmiers, la lumière ensoleillée et l’atmosphère tropicale du début du film renvoient à Heaven Knows, Mr Allison (Dieu seul le sait, 1957) de John Huston, où Mitchum, caporal rescapé d’un torpillage pendant la guerre du Pacifique, se réfugie sur une île déserte, seulement habitée par une nonne. L’idée du huis-clos et de Mitchum en personnage retiré en est donc issue. La lourde démarche de cow-boy alcoolique provient directement de El Dorado de Howard Hawks (1967), tandis que la jeune journaliste, en montant sur une plate-forme de travelling, rejoue l’une des images fortes de River of no Return (La Rivière sans retour, 1954) d’Otto Preminger. La tenue de chirurgien que porte la marionnette rappelle celle que revêtait Mitchum dans Not as a Stranger (Pour que vivent les hommes) de Stanley Kramer (1955) et le costume de soldat américain habilla Mitchum dans, notamment, The Longest Day (Le Jour le plus long, 1962) réalisé entre autres par Darryl Zannuck, et The Enemy Below (Torpilles sous l’Atlantique, 1957) de Dick Powell.

    La marionnette prend ensuite successivement les airs et les poses du serial killer de Cape Fear (Les Nerfs à vif, 1962) de Jack Lee Thompson et du pasteur diabolique de Night of the Hunter (La Nuit du chasseur, 1955) de Charles Laughton. Quant à la photo qui est prise lorsque la journaliste se pâme dans les bras de Mitchum et que celui-ci épingle finalement à son tableau, elle évoque très certainement le couple que Mitchum composait avec Ava Gardner dans My Forbidden Past (Mon passé défendu, 1950) de Robert Stevenson. Enfin, un certain nombre d’éléments du décor renvoient encore à quelques films : une des caisses du plateau porte l’inscription “Pancho Villa“, qui est le titre français de Villa Rides, un western de Buzz Kulik datant de 1968 ; la marionnette utilise comme cendrier une boîte de la bobine du film Dead Man de Jim Jarmush (1996) ; la poupée poignardée au mur est un accessoire de la Nuit du chasseur, etc. Il faut encore ajouter que l’équipe de Calypso s’est inspirée de divers matériaux photographiques promotionnels de l’acteur Mitchum (voir, sur le tableau de la caravane, la couverture redessinée du Life Magazine par exemple).


    On le voit, la citation n’intervient ici qu’à titre référentiel, d’une manière simplement ludique, éveillant éventuellement la curiosité du spectateur quand il ne connaît pas la source originelle, et provoquant le rire ou le sourire quand il reconnaît l’image matricielle. Il s’agit d’une série de clins d’œil, plus ou moins appuyés, officiant à différents niveaux selon le degré de cinéphilie du spectateur. Mais contrairement à Fast Film par exemple, Calypso ne produit pas de nouvelles images composites, ne joue pas de l’interaction des éléments et ne formule pas de nouvelles propositions cinématographiques. Les images de l’histoire du cinéma ne sont pas ici détournées, mais simplement rejouées sur un mode différent, atypique et insolite qui est celui de la marionnette, avec la force caricaturale dont elle peut se prévaloir. Bref, le pillage joyeux auquel se livre ici le réalisateur ne procède jamais d’une réflexion sur l’état cinéphilique actuel, que l’on sait en crise, ou la migration des images, et ne provoque jamais la force poétique que peut libérer l’hybridation des images ou la dénonciation des codes cinématographiques (comme c’est le cas dans Aria, par exemple, un film d’animation en marionnettes réalisé par Pjotr Sapegin en 2001, dans lequel une petite poupée, calquée sur le physique de l’actrice et chanteuse Bjork, quitte un plateau de cinéma pour aller se suicider dans le hors-cadre en se démontant complètement à l’aide d’un tournevis ; ce film ne cesse de référer à l’univers cinématographique pour mieux le bouleverser). Il s’agit, au contraire ici, d’une série de citations méticuleusement reproduites pour être reconnues, identifiées, un peu à la manière d’un quiz. En fait, la construction de Calypso a tout du fétichisme. La scène forte à cet égard est celle où Mitchum va rhabiller la jeune journaliste selon son bon vouloir, pour la faire correspondre à ses propres fantasmes d’images (il en tire d’ailleurs une photo polaroid, un élément de substitution qui lui permet d’accéder à la satisfaction). On reconnaît là le schéma du célèbre film de Hitchcock Vertigo (Sueurs froides, 1958) ici finalement reproduit par le réalisateur Bruno Collet lui-même qui prend du semblable (les poupées) comme matériau pour fabriquer du même (les scènes de cinéma recréées à l’identique), sachant cependant que c’est dans la faille même de l’opération que réside tout l’intérêt de son film.

    Filmographie

     


        



        


         
       
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