Plan et plans. Afin de faire comprendre à une classe non formée en cinéma ce qu’est un plan et comment une séquence est tournée, l’un des modes d’analyse possibles est l’élaboration de plans dits plans au sol. Prendre une séquence simple, composée d’un nombre de plans limités (5 au maximum) et d’un décor aisément schématisable. Faire dessiner dans un premier temps le plan (vu du dessus) du lieu où se déroule l’action en donnant un code permettant de symboliser les différents éléments de décor, voire les objets essentiels. Dans un second temps, indiquer, pour chaque plan, l’emplacement supposé de la caméra et des personnages.
Analyser un plan-séquence.
Le travail peut partir d’un film primitif (Lumière) en montrant qu’il y a déjà mise en scène. Le plan séquence n’est donc pas une solution paresseuse. Il faut en cibler les difficultés. Analyse du plan (minutage, déplacements…). Exercice d’imagination : quel découpage aurait été possible ? Quels auraient été les effets ? Comparaison.
Exemples de plans séquences :
- Les films de la première séance du Cinématographe Lumière sur le site de l’Institut Lumière (rubrique « Patrimoine Lumière)
- Les plans séquences primés dans le cadre du concours « Lycéens Lumière » (2007-2008) : réalisés par des élèves, avec comme contraintes la fixité de la caméra, le plan unique, la durée limitée à 50 secondes.
- Des courts métrages ayant fait partie du programme de courts métrages Lycéens et apprentis au cinéma en région Centre. Tous composés d’un ou plusieurs plans séquences, ils en explorent les possibilités dramatiques :
La peur petit chasseur de Laurent Achard, (2005-2007)
Gare du Nord de Jean Rouch
Les Volets de Lyèce Boukhitine
De sortie de Thomas Salvador, (2006-2008)
Doublages. Une réflexion sur l’opposition entre Version Française et Version Originale Sous-Titrée peut être menée sous la forme d’un atelier de postsynchronisation. Les DVD, grâce à leur interactivité, constituent l’outil idéal pour pouvoir, dans un premier temps, aborder les questions essentielles (problèmes de synchronisation, d’intonation, de timbres de voix). En collège et en lycée, le travail peut être mené à l’initiative des professeurs de Langues Vivantes et de Français à partir des dialogues originaux. A partir du thème ou de la version - selon les films choisis - , la classe proposera son propre doublage qui pourra être comparé à celui qui existe éventuellement. En ce sens, les élèves pourraient mettre au point une version française d’une séquence, différente de celle proposée par le DVD. On peut même imaginer créer en anglais, en espagnol, en allemand ou en italien la version en langue étrangère d’un film français.
Sous-titres. Les films du dispositif Lycéens et apprentis au cinéma sont diffusés en Version-Originale Sous-Titrée (V.O.S.T.). En cours de langue, le plus souvent en Anglais, de nombreux exercices sont possibles (avant ou après projection). Travail de compréhension, de traduction, de comparaison de la traduction obtenue avec celle de la version doublée ou avec les sous-titres… Possible aussi de transcrire les dialogues et de faire rejouer la scène. Autre voie : avant projection, faire un exercice d’anticipation (la séquence est montrée en vidéo sans le son).
N.B. de nombreux scénarii en anglais sont disponibles sur Internet :
http://www.script-o-rama.com ; http://www.moviescriptsandscreenplays.com ; http://sfy.ru/
Affiches. Première étape : analyse comparée des affiches des longs métrages du programme. Recherche sur Internet possible. Analyse possible en Economie de la question de l’impact publicitaire. La classe, sensibilisée au fait que l’illustration est d’abord le choix d’un point de vue, pourra élaborer plusieurs projets d’affiches pour un des courts métrages du programme (projets qui seront éventuellement soumis au réalisateur).
Démarche critique. A partir des films au programme (longs métrages), constitution et analyse d’un dossier critique. Etablissement d’une typologie. Réflexion sur les buts de la critique : analyse ou prescription ? Réflexion sur la destination de la critique (quel public ? quels media ?). Second temps : écriture critique à partir des courts métrages du programme. Possibilité de fixer des contraintes différentes aux différents groupes (nombre de signes, point de vue différent, support différent, destinataire différent).
Création : Retournages et détournements. La classe se fixe comme objectif la découverte de la manière d’un cinéaste par l’analyse d’une ou plusieurs séquences puis par la réalisation d’exercices pratiques. En fonction des moyens à disposition, il peut simplement s’agir d’exercices d’écriture.
A/ « A la manière de », parodies ou pastiches. Après la phase de description et d’analyse d’extraits de films d’un réalisateur dont on veut étudier les choix artistiques, la réalisation d’un court-métrage « à la manière de » est prévue (ainsi sera filmée, en un plan-séquence subjectif, l’approche d’un lieu par un personnage effrayant, comme au début de L’Homme sans passé)… Autres possibilités : écriture et tournage d’une parodie (par exemple, une action témoignant de l’obsession d’un personnage filmée comme la scène montrant l’écrivain de Shining de Kubrick), voire d’un pastiche (un personnage est pris de vertige en montant un escalier, comme dans Sueurs froides, mais cette indisposition le rend ridicule…).
B/ Retournages de plans existants. La classe est séparée en deux ou trois groupes. A chacun est confiée la réalisation d’une séquence brève dont seul le scénario est fourni. Les élèves doivent imaginer un découpage et une mise en scène de cette séquence. Après tournage, leurs choix seront comparés (par les élèves des autres groupes) à ceux du cinéaste qui a conçu la séquence originelle. Dans une dernière phase, chaque groupe pourra essayer de retourner la séquence en s’approchant le plus possible de la mise en scène de référence.